Le Mind Mapping est un terme anglais désignant une méthode d'écriture systématique des idées fondée sur le
Dessin, voire le dessin d'art. En "Mind-Mapping", on n'écrit pas des notes ou des phrases, on les
dessine.

Plus précisément, c'est une méthode qui a été mise au point par le psychologue Tony Buzan dans les années 90, et qui se traduirait en français par
topogramme ou
carte heuristique.
Les principes sont assez simples :
- On prend une feuille de papier, par exemple A3, dans le sens "paysage".
- On écrit au centre de la feuille la thématique de travail, ou on la dessine sous forme d'une vignette.
- Dès qu'une idée, un concept, n'importe quoi, viennent à l'esprit, il s'agit de les représenter soit sous forme d'un mot-clé, soit sous forme d'une imagette à main levée.
- L'enchaînement des idées, dans l'ordre d'apparition, doit être représenté par des liens, selon une structure en cascade.
- Si possible, chaque lien doit être annoté pour expliciter ce qui relie une idée à la suivante.
- Il n'y a aucune contrainte de direction à prendre dans le tracé des branches, d'où l'intérêt majeur de commencer au centre de la feuille.
Du point de vue pratique, il est intéressant de prendre quatre stylos de couleur (vert, bleu, noir, rouge) toujours répandus dans les fournitures de secrétariat. En outre, le mécanisme d'enchaînement des idées et sa représentation rappellent manifestement le principe de
libre-association cher aux psychanalystes.
L'intérêt de cette méthode est sa capacité à focaliser l'attention sur un support visuel : on ne se
perd plus dans ses pensées, et on les embrasse d'un seul coup d'oeil sur la carte, ce qui s'avère relaxant et fécond pour l'imagination. La sensation de relaxation vient d'une double cause :
- L'acte de dessiner peut être relaxant en soi
- Le fait d'écrire décharge la mémoire et peut curieusement apaiser le stress "d'oublier quelque chose"
Par ailleurs, une carte mentale bien faite alterne manifestement l'écriture par mots-clés et le dessin. Tony Buzan avait constaté que :
- Certaines idées s'expriment difficilement par des mots-clés, mais plutôt par des dessins, et pour d'autres c'est l'inverse. Il s'agit donc de "zapper" entre les deux représentations au gré de l'écriture.
- Les phrases complètes sont à proscrire : elles sont pénibles à mettre en oeuvre, et beaucoup plus difficiles à retenir que des mots-clés. En l'occurrence sur Internet, pour chercher quelque chose sur un moteur, vous utilisez bien des mots-clés, non ? Les documentalistes les appellent aussi descripteurs et parlent de langage documentaire pour un assemblage particulier de descripteurs.
- Le cerveau fonctionne essentiellement par association, les liens contiendraient donc autant d'information que les noeuds. La machine est par exemple incapable de fonctionner ainsi, et on doit lui spécifier des règles d'association jouant sur l'adresse et le contenu de l'information.
- Les neurologues ont constaté que ce ne sont pas les mêmes zones du cerveau qui fonctionnent à l'écriture ou au dessin. Ainsi une personne qui dessine une carte mentale aura une posture intellectuelle différente de celle qu'elle aurait eu en écrivant simplement ses notes.
Le Mind-Mapping est d'abord une méthode "papier". La simplicité de ses règles lui confère une polyvalence extraordinaire, puisqu'aucun code, symbole ou vocabulaire n'est fixé à l'avance, contrairement à un schéma d'architecture, d'électronique ou de mécanique par exemple.
Pour ma part, j'en suis complètement accroc et j'ai résolu des situations professionnelles ardues en posant bien toutes mes idées sur le papier de cette manière.
Il existe de très bons logiciels de Mind Mapping, mais nous devons être prudents : de par la
nature alphabétique de la machine, le logiciel aurait tendance à cloisonner les possibilités d'expression sur la carte.
Un vrai logiciel de Mind-Mapping ne se résume pas simplement à un traceur d'arbres radiaux, quoiqu'en pensent les informaticiens.... Il doit être conçu pour éviter au maximum de gêner l'utilisateur dans la manipulation de l'outil.
Enfin, il ne faut pas oublier que si vous trouvez que cette méthode est géniale, en fait c'est vous qui êtes génial, pas le papier !! A l'inverse, je dirais que si vous restez sec devant votre "feuille à cartes mentales", c'est qu'il est temps de vous acheter un cerveau...
Je dois également préciser qu'une carte mentale est un travail personnel, difficilement échangeable avec les collègues, sauf en cas de commentaire simultané. A l'inverse, les travaux de
Concept Mapping sont une oeuvre collective soumise au filtre de l'analyse rationnelle et dont la représentation visuelle n'est pas un arbre mais plus généralement un
graphe.
Je ne peux que vous conseiller un excellent logiciel sous licence GPL, en Java, gratuit et particulièrement efficace pour tous ses raccourcis clavier :
FreeMind
Tous les autres logiciels, que je ne citerais pas par charité, sont aussi lourds à installer qu'à manipuler. Leur conception montre que la méthode est comprise très superficiellement, se ramenant à un éditeur d'arbres sémantiques, sans plus.
Voici, pour exemple, une appliquette en ligne permettant de créer des cartes mentales. Elle est dérivée du logiciel FreeMind.
Dernièrement, j'ai tenté d'appliquer des techniques de Text Mining sur des fichiers "carte mentales" produits sous FreeMind. Je dois avouer que je ne suis pas déçu du résultat, même si j'ai conscience que je n'exploite pas toute l'information contenue dans les liens. Il s'agit d'utiliser la centrale d'analyse
YALE, sous laquelle on prototypera une
carte de kohonen pour obtenir une image formelle de la répartition des cartes mentales entre elles. Si les mots inutiles comme "le, la, les, un" sont bien filtrés, le résultat est très surprenant.
Contactez-moi si vous voulez des précisions.